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le bon geste c'est quand on prend le temps un petit peu de respecter l'outil, enfin la machine ou la pièce que l'on veut faire. Si on y va trop fort, on se fait mal, ou on abîme ou on est pas précis. C'est une alchimie entre la force et -je sais pas moi comment on peut dire ça - et la douceur du travail.

Protéger l'intimité du patient, donc quand on lave, par exemple, le corps, on a toujours le drap comme ça . On lève pas le drap, on a le drap comme ça et on fait comme ca... - en lavant dessous - en huit, ∞ ? -  Oui  oui, en huit ∞ toujours. - ah oui oui! En fait on a le drap et on a une serviette sous le drap pour protéger justement le drap. Après on change notre eau, on le rince, on revient, on resèche, comme ça. - là c'est la poisse! - en fait de la paume de la main on prend et vraiment comme ça - c'est de la torture comme technique - on tient le drap avec un main et avec l'autre on lave... - j'ai jamais appris ça moi... - ça fait comme une espèce de tente ! - Plier de drap... - ça fait comme un portefeuille, en fait - votre drap est en rectangle sur le patient et ça cache tout son intimité.

Ah mais y a pas d'apprentissage, y a pas d'école pour ça ! c'est le ....c'est le voir et le faire. Voilà, ça se fait comme ça, la transmission du savoir elle se fait comme ça. Tu restes là, tu regardes et tu fais. Le voir et le faire. Il y a pas de ... les conseils ils viennent là, ils se font au fur et à mesure, du copain... ou avant c'était le maître-apprentissage, enfin le référent. C'est que ça : c'est voir et faire. Je crois que c'est comme ça qu'on apprend bien aussi, ouais ...en fonderie c’était ça surtout. Bon les fours c'est différent...préparation : préparation du métal, il faut avoir un peu de connaissances en mathématiques, il faut déjà des connaissances, il faut déjà réfléchir, il faut voilà mais le reste c'est ....quoi que c'est un peu ça aussi sur les fours parce qu'il y a des choses manuelles qu'il faut avoir vu faire pour les faire correctement.

moi quand j'arrivais sur le chantier... j'entendais, je sentais, je savais pratiquement si ça marchait. Le bruit, les vibrations du sol aussi parce que comme on centrifugeait des pièces donc ça tournait très vite et si il y avait des vibrations on le sentait par le sol, ça nous remontait par les pieds et on sentait. Moi quand j'arrivais sur le chantier, le matin, rien qu'aux bruits : le bruit des arcs électriques, des fours de fusions, le bruit de la centrifugeuse, je savais si ça marchait bien ou si ça marchait pas bien. Quand tu entendais la centrifugeuse siffler : t'es pas content. Quand tu avais les vibrations qui te remontaient par les pieds : t'es pas content. Quand le four faisait brrrou-brrrou ça marchait pas bien, quand il faisait brrrrrrouuuuuu ça marchait bien (...)

à l'école on apprend la théorie, donc on a plus de temps pour justement voir les gestes, comment il faut faire et tout. Mais sur le terrain...on apprend plus parce que c'est jamais la même chose en fait Tout ce que l'on appris à l'école, la théorie, ça s'applique différemment selon le chantier en fait. Par exemple quand vous faites un enduit il y a quelque chose qui ça s'appelle le gobetis. C'est la première couche qu'on met à l'enduit. On prend le mortier sur la truelle et on fait un fouetté, en fait, on jette, on projette le mortier. C'est traditionnel, c'est à la main. Maintenant on le fait à la machine, des grosses machines, mais traditionnel à la main c'est comme ça.

l’ébarbage, c'était "Cayenne", personne ne voulait aller à l'ébarbage. On allait chercher des outils et des meules donc pour meuler. Et c'est pareil, il y a avait des gars, qui ont fait que ça toute leur vie, et c'est pareil : ils allaient chercher leur meule  et on avait pas intérêt de leur piquer leur meule parce que sinon c'était la catastrophe, ils nous foutaient sur la gueule! et les mecs ils meulaient toute la journée et des fois ils rigolaient parce que quand on a pas l'habitude. C'est pareil, meuler c'est : y a une pression à mettre sur la meule, si on met trop de pression, ben, on avance rien, on arrache tout c'est pas terrible. Si on appuie pas assez ... ça meule pas. ils meulaient deux fois plus vite que nous parce que - et ils se fatiguaient moins que nous - et ils se fatiguaient pas - on voulait pas y aller - on voulait pas on pleurait même - ahahah

C'est un genre de danse :  il fallait  - Hop! -  suivre le carrousel qui tournait, remplir le basquet, repartir vers l'autre... C'était que ça quoi, avec le jeu de jambes. Le savoir-faire de manipuler manuellement... monter lorsqu'il fallait le palan. Enfin, il y a 2 couleurs donc une fois que l'un avait vidé sa poche, l'autre arrivait derrière et recommençait la gestuelle et ça pendant 8 heures, c’était une danse magique! C'était prendre un rythme et être très doux dans ses manipulations et ensuite, en fin de couler,être violent dans le geste, pour se sortir de l'endroit, pour laisser le collègue venir à sa place, donc voilà il y avait de la douceur dans la gestuelle et puis après il y avait la violence du dégagement.

Le travail courbé ou après des positions statiques permanentes, je vois la soudure, moi,des fois, à force de garder la position, j'ai été obligé d’arrêter, j'avais trop mal dans le bras. D'ailleurs c’était des tendinites à l'épaule, pourtant c'est qu'une pince de soudure mais le truc de faire le petit geste...enfin précis, oui, on peut dire précis mais répétitif mais à force on finissait par avoir la tendinite dans le bras parce qu'on faisait ça tous les jours, c'est la répétition qui faisait ça.

donc on arrivait la machine était prête à travailler. C'est vrai qu'on avait cette chaleur qui arrivait directement sur nous en permanence et l'hiver, bon, on avait froid derrière mais on avait de la chaleur toujours devant et l'été on avait les deux! On avait vraiment les deux. Et puis on avait le bruit, le bruit des carrousels qui étaient derrière nous et la poussière en permanence, bien sûr, parce que quand les pièces étaient coulées tous ces moules en sable que nous on faisait se défaisaient, ils étaient brûlés donc ils tombaient en cendres. Ils étaient posé sur des petits paniers qui étaient passés par-dessus nous et qui allaient au chantier derrière pour aller à la désableuse et au contrôle. Alors toute cette poussière de sable, et tout ça, ça tombait et alors avec les ventilos, les trucs comme ça, c'était brassé, c'était ....et on vivait dans ce truc là . La douche le soir elle était ...obligée ahahahah! on était dans la poussière, dans le bruit, dans la chaleur.

le travail lui il est debout et tout le temps et marcher et heureusement qu'on marchait parce qu'il y a rien de pire que de rester...les gens qui en ont bavé le plus à l'usine, c'est ceux qui avait un boulot poste fixe qui était sur 1 mètre carré pendant 8 heures, c'est affreux, ça c'est affreux. Moi je l'ai eu fait parce que quand on a eu notre activité en baisse on allait travailler ailleurs et rester comme ça sur 1 mètre carré : vous avez les jambes qui vous rentrent dans le dos, c'est un truc de fou! Il faut mieux marcher...voilà du coup je continue à marcher ahahah c'est bon pour la santé!

Au départ, quand on rentre, bien sûr, on a le geste hésitant puisqu’on a peur de mal faire ou faire des bêtises enfin voilà. Après bien sûr, on prend de l'assurance comme tout le monde et à la fin on a des gestes imprudents. On devient à peu près comme tout le monde, ça devient un geste habituel et jusqu'à la limite de l’imprudence, souvent et c'est de là des fois qu'il arrive des accidents parce qu'on fait moins attention au danger. Et puis la répétition et toujours demander plus aussi et voilà c'est de là que l'on peut arriver à des accidents et même qu'il arrive des accidents.

C'est - bon, bien sûr - le stress des examens ça c'est normal... mais c'est quand même un métier où l'on est en contact avec des gens, où l'on a des responsabilités énormes... où il y a une quantité de connaissances incroyables à connaitre, qui je pense en trois ans... c'est pas du tout suffisant parce qu'en fait, comme je disais tout à l'heure, on aborde plein de choses, c'est sûr, on voit de tout, alors on nous répète ''mais ça vous l'avez vu en première année, vous l'avez vu..." mais en fait on le voit tellement rapidement qu'on a pas le temps d'assimiler, c'est pas des choses que l'on acquiert si on ne les voit pas en stage... c'est pas quelque chose que l'on va pas acquérir, en fait.

Les 4 règles d'or : - du haut vers le haut - du plus propre au plus sale - du plus éloigné au plus proche de la sortie - On nettoie avant de désinfecter