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Alors moi je vais le dire avec les mots de Musset parce que je trouve ça vachement mieux qu'avec mes mots à moi. Dans un poème il dit : ''ami, prend ma main...je suis moins triste quand ta main prend la mienne...''  et je trouve que c'est un petit peu le métier infirmier. On tisse une toile entre des infirmiers, des AMP, des aides-soignantes, des éducs, tout une toile pour éviter à certaines personnes - celles qui veulent bien de nous - de tomber. Voilà... et faire partie de cette toile ça m’intéresse. Pas pour moi..., enfin ça m’intéresse moi d’être infirmière mais dans ce sens là  : faire partie d'une grande toile qui permet d'aller mieux, à chacun d'aller mieux.

donc on arrivait la machine était prête à travailler. C'est vrai qu'on avait cette chaleur qui arrivait directement sur nous en permanence et l'hiver, bon, on avait froid derrière mais on avait de la chaleur toujours devant et l'été on avait les deux! On avait vraiment les deux. Et puis on avait le bruit, le bruit des carrousels qui étaient derrière nous et la poussière en permanence, bien sûr, parce que quand les pièces étaient coulées tous ces moules en sable que nous on faisait se défaisaient, ils étaient brûlés donc ils tombaient en cendres. Ils étaient posé sur des petits paniers qui étaient passés par-dessus nous et qui allaient au chantier derrière pour aller à la désableuse et au contrôle. Alors toute cette poussière de sable, et tout ça, ça tombait et alors avec les ventilos, les trucs comme ça, c'était brassé, c'était ....et on vivait dans ce truc là . La douche le soir elle était ...obligée ahahahah! on était dans la poussière, dans le bruit, dans la chaleur.

C'est un genre de danse :  il fallait  - Hop! -  suivre le carrousel qui tournait, remplir le basquet, repartir vers l'autre... C'était que ça quoi, avec le jeu de jambes. Le savoir-faire de manipuler manuellement... monter lorsqu'il fallait le palan. Enfin, il y a 2 couleurs donc une fois que l'un avait vidé sa poche, l'autre arrivait derrière et recommençait la gestuelle et ça pendant 8 heures, c’était une danse magique! C'était prendre un rythme et être très doux dans ses manipulations et ensuite, en fin de couler,être violent dans le geste, pour se sortir de l'endroit, pour laisser le collègue venir à sa place, donc voilà il y avait de la douceur dans la gestuelle et puis après il y avait la violence du dégagement.

Le décrassage, c'était quand on avait préparé la fonte, qu'on l'avait mis en température, on arrêtait la température donc le four était stable, au niveau de la température. On décrassait : c'était une poudre qui enlève toute la crasse, qui faisait remonter toute la crasse du four et de la fonte. Et donc on avait des pinces donc c'était pshitttttt, les pinces descendaient, on écartait ça faisait clac! on resserrait mais on faisait plusieurs fois pour que toute la crasse...parce qu'en fait la crasse il fallait pas l'enlever petit à petit il fallait faire des morceaux et vraiment pour que ça s’enlève complètement donc ça faisait shittt pshiiiiit shutttt pshutttt ça c'était le décrassage.

moi quand j'arrivais sur le chantier... j'entendais, je sentais, je savais pratiquement si ça marchait. Le bruit, les vibrations du sol aussi parce que comme on centrifugeait des pièces donc ça tournait très vite et si il y avait des vibrations on le sentait par le sol, ça nous remontait par les pieds et on sentait. Moi quand j'arrivais sur le chantier, le matin, rien qu'aux bruits : le bruit des arcs électriques, des fours de fusions, le bruit de la centrifugeuse, je savais si ça marchait bien ou si ça marchait pas bien. Quand tu entendais la centrifugeuse siffler : t'es pas content. Quand tu avais les vibrations qui te remontaient par les pieds : t'es pas content. Quand le four faisait brrrou-brrrou ça marchait pas bien, quand il faisait brrrrrrouuuuuu ça marchait bien (...)

le bon geste c'est quand on prend du poids, se baisser comme il faut, voilà mais des fois on a pas le temps, c'est une chaine et puis c'est la fonte qui nous commande, c'est la température, c'est tout à la température, trop chaude ça va pas, trop froide ça va pas voilà c'est ca. Donc des fois, on n'avait pas le temps, il y a plein de choses qu'on fait et qu'on devrait pas faire pour le corps, se baisser à ramasser quelque chose, travailler sans masque quand y a du wespray, travailler sans lunettes ça fait partie de la sécurité mais la sécurité... comme à la grenailleuse si on avait pas les lunettes que, des fois il y avait des petits éclats, ça faisait mal, des petites billes en ferraille là! ah ouais!

On nous a montré les défauts qu'il fallait pas donc on regardait les pièces de façon à voir si il y avait un défaut dessus si il y avait pas... ça on vous le montre au départ puis après c'est le coup d’œil après on a vite fait. Parce que quand on appris - au début c'est embêtant parce qu'il faut regarder vraiment la pièce, tourner la pièce, regarder et après quand on faisait les chemises voitures - parce que Solex on a pas fait longtemps - quand on contrôlait les chemises de voitures c’était vite fait parce que quand on a pris le coup d’œil, après, juste vous tournez la pièce et tac! l’œil se portait dessus et c'était vraiment .... c'était automatique. C'est comme si vous avez quelque chose que vous voyez tous les jours et que on va vous le déplacer d'une tacon, vous vous dites ah!!! (...)

C'est - bon, bien sûr - le stress des examens ça c'est normal... mais c'est quand même un métier où l'on est en contact avec des gens, où l'on a des responsabilités énormes... où il y a une quantité de connaissances incroyables à connaitre, qui je pense en trois ans... c'est pas du tout suffisant parce qu'en fait, comme je disais tout à l'heure, on aborde plein de choses, c'est sûr, on voit de tout, alors on nous répète ''mais ça vous l'avez vu en première année, vous l'avez vu..." mais en fait on le voit tellement rapidement qu'on a pas le temps d'assimiler, c'est pas des choses que l'on acquiert si on ne les voit pas en stage... c'est pas quelque chose que l'on va pas acquérir, en fait.

oulalala, je ne sais pas combien de kilomètres nous faisons, il faudrait mettre un... vous savez ce qui mesure le kilométrage, c'est énorme! Moi je fais l'avenue d'Eysses, donc, jusqu'au boulevard de l'hôpital, jusqu'au feu rouge, la rue Victor Delberge, Palissy... qu'est-ce que j'ai encore à faire? La  rue pasteur, l'avenue de la Myre et Mory jusqu'à la rue du château d'eau...rue du château d'eau... voilà en gros Et tout ça il faut le faire jusqu'à 9h du matin, en commençant à 6h.

Moi je suis intérimaire, ça doit faire 2, 3 ans que je viens chez Foreo, à peu près, à faire des micro-pieux. Et dans l'essentiel, je suis juste manœuvre : je prends les tubes, je les prépare, je les graisse et je les monte sur la machine, c'est tout. Après le malaxeur, c'est pas compliqué : on met de l'eau, une certaine quantité, on met du ciment qui correspond à l'état du sol puis terminé, après on injecte c'est aussi simple que ça! - donc, en fait,  vous vous êtes là pour faire tout ce qui est la préparation? - voilà exactement, j'avance le chantier pour qu'il s'avance au mieux et le plus rapidement possible. qu'on est pas à attendre les tuyaux les tubes que quand on commence à forer j'ai tous mes tubes à côté, on enchaîne et on perd pas de temps!

Mais moi ce que j'ai trouvé très beau dans ce service, enfin dans ce type de soin et d'approche de la personne qu'on prend en charge, c'est à travers donc les soins palliatifs c'est-à-dire que... en tant qu'infirmier, on est plus du tout dans cette dimension médicale te dire : voilà il y a des traitements, il y a des recherches qui sont faites, on est sans cesse dans cette dynamique de trouver de nouvelles solutions, de nouvelles thérapeutiques, de nouveaux remèdes, toujours plus. On va dire cette logique vraiment de la société actuelle, où on essaye toujours de trouver de nouvelles choses pour progresser. Là, c'est pas cette vision là du soin à proprement parler que l'on a. C'est accepter que dans la vie les choses elles se passent pas toujours comme on voudrait et qu'on essaye de faire au mieux et que peu importe le devenir de la personne qu'elle s'en sort ou qu'elle sort pas  (...)